Chapitre 5 : la danse au XVIIIème siècle

1. Contexte artistique

 

 

1. 1. L’époque rococo

 

 

A la mort de Louis XIV, Louis XV est mineur et la régence est confiée au Duc d’Orléans qui libère les mœurs et modifie le style (époque rococo). L’art dit « rococo » se retrouve essentiellement dans les arts décoratifs de 1710 à 1750 :

ü      C’est le style de l’époque du règne de Louis XV

ü      Il est caractérisé par une inspiration des coquillages, des compositions fantaisistes avec des formes compliquées

                       

A l’époque, les spectacles présentés sont des tragédies lyriques et des opéras-ballet caractérisés par :

ü      Des thèmes légers

ü      Des décors exotiques : inspirés de l’Orient et d’Amérique

ü      Un grand nombre d’entrées

ü      Une narration effectuée de moins en moins par la danse mais par le texte et le chant

ü      Plus de virtuosité

ü      Des danseurs masqués : le masque indique le caractère et le style du personnage

ü      Une danse pratiquée dans toute l’Europe

 

 

1. 2. La danse professionnelle

 

 

1. 2. 1. La technique

 

 

La technique a beaucoup évolué mais la danseuse reste très encombrée par son costume long. En 1681, Mlle de La Fontaine est la première danseuse professionnelle sur la scène de l’Opéra. Mlle de Subligny lui succèdera.

 

Les danseurs professionnels :

ü      Louis Dupré (1690 – 1774) : surnommé le Dieu de la danse

ü      Gaëtan Vestris (1729 – 1808) : le premier à danser sans masque

 

Les danseuses professionnelles en concurrence :

ü      Mlle Camargo (1710 – 1770) : grande maîtrise de la technique féminine comme masculine

ü      Mlle Sallé (1707 – 1756) : gracieuse, expressive, plus penchée sur la travail du haut du corps

 

L’expression doit être re développée par la pantomime qui raconte l’histoire.

 

 

1. 2. 2. La pantomime et le ballet d’action

 

 

La pantomime dérive de la gestuelle présente en peinture : elle exprime une émotion et peut être plus ou moins codifiée. Elle est beaucoup développée par Weaver qui est le premier à parler de ballet d’action :

ü      Toute l’histoire est portée par le mouvement

ü      Travail axé sur le buste

 

La pantomime a deux rôles :

ü      Exprimer le thème du ballet

ü      Susciter l’émotion

 

 

1. 2. 3. L’influence des lumières

 

 

En France, Noverre s’inscrit dans son siècle en considérant le critère de la beauté comme issu d’une imitation de la nature. On se lance à la recherche de spectacles virtuoses ayant pour caractéristiques le naturel et la simplicité.

                    

En 1754, Louis de Cahussac rédige l’Histoire de la danse ancienne et moderne. Cet ouvrage est un traité historique qui témoigne du rejet de la belle danse. Il préconise une danse en action dans laquelle les entrées des danseurs doivent être justifiées par l’action dramatique.

 

En 1757, Diderot, dans ces Entretiens sur le fils naturel (Entretien avec Dorval), affirme que l’opéra, le théâtre et la danse expriment les sentiments de la vérité par l’utilisation de la pantomime.

 

 

2. Noverre, Lettres sur la danse : 1760

 

 

2. 1. Jean-Georges Noverre

 

 

Jean-Georges Noverre (1727 – 1810) est formé par Dupré. Il débute dans les spectacles de foire et les boulevards en parodiant de grands spectacles :

ü      En 1745, il travaille à la cour de Frédéric II, à Berlin

ü      En 1747, il travaille à Paris dans une parodie des Indes galantes. Il est remarqué par Garrick (acteur ayant beaucoup travaillé sur la pantomime) et engagé à Londres

ü      En 1760, il rédige les Lettres sur la danse et crée, en collaboration avec Gluck (musicien), une dizaine de spectacles.

ü      En 1763, il crée le premier ballet moderne : Médée et Jason, dans lequel l’histoire est entièrement racontée par le mouvement

ü      En 1766, il est invité par le Duc de Württemberg à Stuttgart. Il acquiert une renommée internationale

ü      En 1776, il veut s’imposer à l’Opéra et est introduit par Marie-Antoinette mais dans des conditions draconiennes . Danseurs et chorégraphes s’allient contre lui car ils le considèrent comme un chorégraphe de campagne.

ü      En 1777, il crée Les Horaces : inspiré d’une pièce de Corneille

ü      En 1778, il crée Les petits riens sur une musique de Mozart et des décors inspiré de Watteau : c’est une histoire d’amour

ü      En 1779, il conclut un marché avec Gardel et Dauberval : il cède sa place contre une pension d’académicien

ü      En 1781, il est chassé par une cabale et démissionne et se retire en région parisienne. Il réédite les Lettres en 1790.

 

Malgré son échec à l’Opéra de Paris, Noverre et ses idées ont une grande influence sur l’évolution du ballet : le ballet d’action se développe au XIXème et jusqu’au début du XXème siècle.

 

 

2. 2. Lettres sur la danse : 1760

 

 

Les Lettres sur la danse présentent deux aspects :

ü      Un aspect critique d’une esthétique dépassée (virtuosité, costumes, masques…) en préconisant une prépondérance de l’imitation de la réalité

ü      Un aspect novateur par la proposition de perspectives nouvelles

 

L’ouvrage compte 34 lettres écrites dans un style vif et convaincant :

ü      Lettres 1 à 4 : analyse des spectacles depuis les grecs. Il s’oppose au port du masque

ü      Lettre 5 : différenciation de la danse mécanique (action) avec la pantomime (expression). Le ballet d’action est une séquence de mouvements. Le pas d’action est une marche simple avec attaque par le talon, mouvements de bras et expressivité

ü      Lettres 6 à 10 : les qualités du maître de ballet : savoir danser, avoir du goût, une grande culture, connaître l’anatomie, savoir observer ce qui l’entoure

ü      Lettres 11 à 13 : la composition de ballets : il s’oppose à la symétrie et préconise l’imitation des vraies foules (mouvements d’ensemble)

ü      Lettres 14 et 15 : un ballet doit être vraisemblable et dépeindre la société. Il se divise en actes et en scènes qui s’enchaînent logiquement

ü      Lettre 16 : un ballet ne doit s’exprimer que par la musique et la danse

ü      Lettre 18 : critique des masques : les passions s’expriment sur le visage de l’homme. Il y a trois types de danses d’expression : la danse sérieuse (tragédie théâtrale), la danse mixte (comédie noble) et la danse grotesque (farces).

ü      Lettre 21 : les costumes doivent être simples et réalistes

ü      Lettre 22 : le geste s’accorde à la pensée

ü      Lettre 25 : il ne peut pas y avoir d’écriture de la danse car elle ne rend pas compte des sentiments. La notation ne sera plus utilisée jusqu’en 1850 et les ballets se transmettront oralement.


3. La transformation et la stabilisation de la danse classique

 

 

A Paris, à la fin du siècle, l’Opéra a un nouveau directeur : M. de Vismes. Les principaux maîtres de ballet sont :

ü      Maximilien Gardel

ü      Jean Dauberval

 

En 1785, Dauberval quitte l’Opéra de Paris pour aller à l’Opéra de Bordeaux où il crée en 1789 La Fille mal gardée, ballet en deux actes qui dépeint les mœurs des gens. Il est inspiré par une gravure sur laquelle deux jeunes gens se font surprendre dans une grange. Ce ballet est une application des préceptes de Noverre

 

A Paris, Maximilien Gardel et son frère Pierre conservent l’Opéra pendant 50 ans. Maximilien met en pratique les théories de Noverre en supprimant masques et perruques, cependant il est pour la virtuosité. Ses spectacles ont beaucoup de succès. Malheureusement, il meurt en 1787, son frère lui succède et rend l’Opéra prestigieux avec Psyché en 1790 :

ü      C’est le mythe de l’âme déchirée entre amour et raison

ü      Thème : Terpsichore (muse de la danse) donne un cours à Psyché

ü      Les costumes sont à l’origine du développement de la mode empire

En 1793, Le Triomphe de la République est un ballet héroïque qui marque la fin de la révolution et de la monarchie.

 

 

 

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